Que faire contre un entrejambe irrité ?
Il faut savoir avant tout de quel type d’irritation il s’agit : ce peut être une mycose ou une infection locale par macération.
La meilleure attitude à observer est de se rendre chez le dermatologue, et un prélèvement peut être nécessaire. Le bon diagnostic permettra d’éviter toute aggravation et de trouver le meilleur remède. L’automédication est parfois efficace mais peut se révéler néfaste, par exemple dans le cas des crèmes à base de corticoïdes.
L’irritation peut provenir d’un frottement du cuissard sur la peau, sur les zones antérieures. Il faut prendre des mesures d’hygiène, c'est-à-dire laver le cuissard, se laver soi-même et surtout bien se sécher, notamment les lésions, en n’hésitant pas à utiliser un sèche-cheveux. Le mercurochrome n’est pas esthétique, je le concède, mais il est toujours efficace. Attendez deux ou trois jours. Si la lésion persiste, c’est une infection, il faut consulter le dermato ou le médecin traitant. Un prélèvement permettra de savoir s’il s’agit d’une mycose ou d’une durcitoctose*. Ce sont deux types de champignons dont les traitements diffèrent. En cas de durcitoctose, on peut prescrire des antibiotiques par voie orale pour éliminer aussi les origines digestives. Là encore, l’emploi de corticoïdes est à éviter.
Un problème avec la selle peut provoquer des lésions du siège, qui ne se traduisent pas par des rougeurs mais par des kystes, grosseurs ou inflammations, de type « troisième testicule ».
Vérifiez que votre bec de selle n’est pas trop relevé. Cela occasionne une compression neurologique et donc un inconfort et des douleurs. Un massage avec une crème neutre procurera un soulagement ponctuel mais l’irritation du tissu sous-cutané risque de perdurer. Une opération chirurgicale peut même devenir nécessaire, et elle n’empêche pas les récidives. C’est pourquoi il faut débuter un traitement au plus vite.
Les inflammations inguinales ne doivent en aucun cas être négligées. Elles peuvent engendrer des micro-traumatismes, tant au niveau nerveux que prostatique, sans parler de l’inconfort qui aura des effets directs sur les performances sur la route.
Article du Dr Michel GUINOT, médecin de la FFC, lu dans « Cyclo Passion »