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Bois-Colombes Sport : Cyclorandonneurs

Bois-Colombes - Charleville Mézières - Namur

Ech’ti qui voudrot y pourrot*…

Rando Paris Namur Paris du 6 au 11 Sept 2014.

Pour ceux qui ne sont pas encore familiers des organisations de BCS Cyclos un petit rappel des nombreux chapitres précédents : le club a été créé en 1972 par des cyclos-randonneurs issus de l’ASPTT. Le principe de la randonnée cyclo-touristique c’est de s’extraire de son quotidien pour se consacrer un ou plusieurs jours durant à la pratique du vélo, plus ou moins en autonomie (on porte ses bagages mais on va à l’hôtel…). En suivant les Flèches de France, 20 parcours, de Paris aux limites de l’hexagone (et vice-versa) créées en 1953 par la FFCT, quand elles servent de support à nos projets. (1).

D’aucun se demande si après cette série on est passé partout en France ? Certes pas, pour y parvenir il y a un autre outil, très performant mais très exigeant : les BCN/BPF Brevet de Cyclotourisme National et Brevet des Provinces Françaises. Il s’agit de visiter, à vélo, dans l’ordre et les conditions que l’on choisit, plus de 600 lieux touristiques en France et outre mer… Peu de Bois-Colombiens s’y sont essayé, un ancien n’en est pas loin mais il a changé de club avant d’y parvenir (J. Pauget).

Cette année donc nous avons choisi d’accompagner Joël et Jean Claude qui complètent leurs séries de Flèches en cours. La flèche de Charleville est une des plus courtes, 250 kms, l’an dernier nous avions fait la plus longue vers Perpignan, 990 kms. Nous l’avons prolongée jusqu’à Namur pour y retrouver un cyclo rencontré il y a 10 ans à une étape d’un tour de l’Est. Du 6 au 11 Septembre 2014 donc et en 6 étapes nous avons parcouru un peu plus de 850 kms avec 3000 m de dénivelé.

A travers deux paysages caractéristiques la Picardie agricole et les chemins de halage au long de la Meuse navigable. Les céréales et les colzas sont récoltées, le travail des terres est en cours : déchaumage, labourage, hersage ou même roulage. Restent les tournesols, les betteraves à sucre, les oignons, les pois et les pommes de terre ; l’ensilage (d’herbes, maïs ou pulpe de betteraves) dans les zones d’élevage se sent de loin. Les « aoûteux » sont aux champs. Les éoliennes sont rares, les panneaux solaires inexistants comparé à l’Allemagne ce printemps, on n’est pas prés de sortir des énergies fossiles. Après Charleville jusqu’à Namur, plus de 130 kms de pistes cyclables suivent la rivière. La signalisation et les bandes de roulement sont remarquables dans les Ardennes (08) jusqu’au bout de la pointe de Givet et hétéroclites après, en Wallonie. A rouler sur les voies vertes ou sur ce que les wallons appellent le RAVeL : Réseau Autonome Voie Lente, on gagne, en sécurité (peu d’engins à moteur), en confort (peu de dénivelé), en points de vue (perspectives sur la rivière et les rives), ce qu’on perd en distance (il faut suivre tous les méandres) et en isolement (on ne voit pas les centres-villes).

Le vélo est le moyen de transport idéal pour le tourisme : la vitesse et une certaine décontraction permettent de voir et de sentir les régions traversées, les parcours tracés sur les réseaux secondaires vont de villages typiques oubliés à sites classés. Cette fois : château de Fère en Tardenois, place ducale à Charleville, citadelle de Namur, mémorial du chemin des dames… Trois BCN aussi, La Ferte-Milon, Fère en Tardenois, encore (un peu hors du parcours de la flèche) et Signy l’Abbaye. Et, en Belgique, Hastière le long du château renaissance de Freÿr et de l’abbaye de Waulsort. Dinant qui prépare le bicentenaire de la naissance de Sax, l’inventeur du Saxophone, en gardant toujours au frais l’abbaye de Leffe, dégustée plus tard. Et la Lambada, fraises de Wépion vendues en ravier de carton et partagées au bord de l’eau, un après-midi ensoleillé.

Un peu moins de 150 Kms par jour, 8 heures de route dont 6 ou 7 heures vraiment pédalées. Un petit casse croute autour de midi, en visant la supérette ouverte, pas trop loin d’un coin sympa : le chevet d’une église, la cour d’une école, une clairière en forêt et pourquoi pas une aire de pique nique ? Menu au goût de chacun : pain, tomates, salades, jambons, sardines, anchois, maquereaux, corned-beef, yaourts, crèmes, fruits… Juste assez pour ne rien jeter. De temps en temps un café, un jus ou une houblonnade panachée, tout ça sur une caisse commune à moins de 10 E par jour et par personne. Le soir gite et couvert, pas forcément au même endroit, chambres et tables d’hôtes, hôtels (chambres doubles ou triples), restaurants. Budget moyen 60 Euros H/J. Les parcours symétriques offrent le petit avantage de l’habitude au retour. L’hébergement augmente un peu (on était à 50 E/jour) et le garage des vélos devient souvent payant : 2 Euros la nuit !!!

Au départ donc cinq cyclos BCS, Florence, Christian, Jean Claude & Joël : les 2 fléchards, et Roland. Parcours habituel pour gagner l’Est en contournant Paris par le Nord, pistes agricoles, pays de France et en Goële. Le départ des Flèches à Paris est toujours fixé à la brasserie « au pied de cochon » à coté de St Eustache, quartier des halles, parce qu’elle ne ferme jamais. Mais c’est pas très roulant, alors joël était passé tamponner dans la semaine. Nous sommes sur nos terres, il fait beau, un peu frais. «Biloute» Jean Claude, frétille de partir vers la Picardie à vélo, il nous enrhume en moulinant dans les côtes ! Nous nous demandons qui a bien pu naître à La Ferté Millon ? Racine l’emporte au sprint. Ce soir « vive la Ducasse *», aux portes de la maison d’hôtes, une vraie fête foraine avec les manèges jusqu’à pas d’heure (samedi !), heureusement douche & Picon-bière réhydratants et table roborative, avant le refrain « dors min p’tit quinquin, min p’tit pouchin, min gros rojin ! Te m’fras du chagrin si te n’dors poin chqu’à dmain » de Jean Claude.

Dimanche matin le brouillard nous oblige à allumer les feux arrière, jusque tard dans la matinée, ca dégouline d’humidité. Joël en profite pour mettre le nez dans le guidon et oublier la bonne route. Il erre sous le Chemin des Dames, son téléphone de campagne donne des signes de fatigue. Il réussit même un double demi-tour arrière qui l’éloigne un peu plus. Puis sa route croise un rallye cyclo-touristique et nous le retrouvons en poilu de la grande guerre à Craonne… Perdre Joël c’est d’un commun ! Au moins une fois l’an !!! Il nous est même arrivé, avant les tél. mobiles, de le retrouver juste pour le dîner. « Briquet » et café à Corbeny, juste avant la fermeture dominicale. Encore une centaine de kilomètres dans les Ardennes avant Charleville. L’hôtel ne fait pas restau, les plus téméraires s’attaquent au jarret de porc en terrasse, ou poisson léger…

Aux adieux du lundi matin, après nous avoir accompagnés sur une vingtaine de kilomètres « sul biclou », Jean Claude et Joël rentrent vers Paris - par le train ; « cafougnette *» nous quitte, il aurait bien fait une journée de plus, nous aussi ! Nous suivons la voie verte, le long de la Meuse : à voir les pénichettes de plaisance on se demande si ça nous amuserait d’écluser toutes les heures ? Quoi que ? A chooz nous évitons la boucle de la centrale mais pas le dernier Familistère en France . Partie belge plus variée avec une route vallonnée le long de la voie de chemin de fer, de l’asphalte mais aussi des pavés, des dalles, des clinkers, de la cendrée et de la terre plus ou moins herbue ! Namur nous apparait par surprise à 100 m du Casino où nous avons notre hôtel. Namur c’est la capitale de la région Wallone où siègent son parlement et son gouvernement. Nos amis de Jemmepes sur Sambre nous rejoignent pour l’apéro. Nous avions rencontré Etienne le 17 Septembre 2004 au tour de l’Est, chargé comme un coolie viet il expérimentait la rando à VTT et l’aubergiste nous avait groupés pour dîner. Depuis Etienne et sa femme ont multiplié les pèlerinages et les expériences : récemment le vol en ULM avec les oies sauvages du coté d’Aurillac… Des oies grises, justement il y en a tout le long de la Meuse parmi les espèces protégées.

Mardi retour vers Charleville vent favorable suivant les méandres, entre les « PK » (points kilométriques comptés à partir de l’origine amont de la navigation), nous chatouillons les pédales. Une fois j’ai talonné de l’arrière sur les pavés, une seule fois sur l’ensemble du parcours pour tous les 5 ; trouver le trou, réparer, regonfler : 5 minutes d’exercice pour les bras ! Un moment Florence nous mène un train d’enfer, elle va plus vite devant, trop prudente quand elle est dans les roues ? Christian reste en chasse patate, il arrive à sec au bistrot et s’aperçoit qu’il est plus facile d’amadouer une poule, avec un reste de brioche, qu’une cyclote, mais rien qu’un panaché et ca repart. J’ai déjà dit le bien que nous pensions des parcours symétriques. Ca ne facilite pas les comptes rendus, il faut encore en garder pour la fin… Re-Charleville donc, un jour de semaine, pas facile de décrire une table, en terrasse, au soleil, où le Picon est plus courant que le jus d’ananas...

On pédale toujours dans l’huile le mercredi et le GPS nous sort des villes comme d’un rêve, il faut la carte quand même, au moins pour mémoriser les points de passage avant l’étape mais ca progresse de toute évidence. Un temps sur les traces d’une voie romaine, de Signy à Château Porcien, nous revenons pique-niquer à Corbeny, avant la fermeture méridienne. Un petit coucou à Napoléon qui s’était déjà frotté aux armées Russes et Prussiennes, en 1814, sur le chemin des dames. Visite (du musée) de la Caverne du Dragon : à revoir, peut mieux faire. Réouvrira en 2017 pour le centenaire de l’offensive Nivelle : un carnage, les défections, les mutineries et le changement d’Etat Major : Pétain devient commandant en chef. Le soir à la table d’hôtes nous partageons un moment avec des géomètres en déplacement, nous ne mesurons pas les mêmes distances et la route ne leur fait pas le même effet. On les reverra à l’œuvre le lendemain matin à Oulchy le Château.

Pour la dernière étape nous descendons la haute vallée de l’Ourcq, un affluent de la Marne, canalisé pour rejoindre Paris. La navigation de plaisance commence au joli port de Silly la poterie mais seuls les derniers Kms, de Pavillon sous bois au bassin de la Villette , sont ouverts au trafic commercial. La piste cyclable sur 35 Kms permet d’aller à Paris au long du canal. Nous voilà revenus sur nos parcours habituels, le vent Nord-est nous est favorable, les côtes sont faciles, on peut les monter à sa main, avec la grosse, en garder sous la pédale… Mais on descend toujours comme des caisses à savon… Débat sur les finesses du parcours, pas facile de changer les habitudes ; rentrés avant 17 h, c’est mieux pour celle qui travaillera demain.

Ce jeudi soir réunion des cyclos BCfinesses du parcours, pas facile de changer les habitudes ; rentrés avant 17 h, c’est mieux pour celle qui travaillera demain.
S : il faut parler à chaud de cette rando, Joël s’y colle, il est rentré depuis 3 jours déjà… Le jumelage à Saumur en Mai 2015 reprends le dessus ça sera moins folklo mais si bien préparé !

Amitiés. Roland. 09/2014.

*Quand on veut, on peut… Aoûteux : moissonneurs. Biloute : Dany Boon dans bienvenue chez les Ch’tis, bourre de tir de mine/sexe. Briquet : casse-croûte et pause. La Ducasse, institution ch’ti : la fête foraine. Cafougnette : l’arsouille ch’ti. Mais avec l’accent ca change tout !

(1) Dans les années 80, BCS Cyclos-randonneurs a été souvent classé, par l’Audax Club Parisien, dans les premiers clubs français au nombre de kilomètres parcourus en Flèches de France, avec des scores dépassant les 20 000 Kms/an !

Ci-dessous : les photos !

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