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Bois-Colombes Sport : Cyclorandonneurs

Bois-Colombes - Le Havre

On n’est pas obligé de tout boire…

Commentaires de notre petite rando-cyclo du 15 au 17 Sept. 2012. Avec Florence, Christian, Erwan.

Paris-le Havre-Paris, sur le parcours touristique (2 x 242 Kms), un classique BCS, juste après Paris-Dieppe… François Voisenet m’a raconté qu’il l’avait fait pour la dernière fois avec Christian, ce fameux week-end des 26 & 27 Mai 1986 : le WE de Tchernobyl… J’avais couru, à pied, un 100 Kms : Alpes-Méditerranée le 4 Mai, mais le « nuage » était arrêté à nos frontières, c’est bien connu…

Le samedi, à la fraiche, nous avions pris le pont de Bezons pour tailler au plus court par Maison-Laffitte, Poissy, Meulan – sur un parcours de flèche de France, mais nous ne faisions pas de flèche, simplement un ville à ville, traditionnel pour nous en Septembre : Christian y consomme parcimonieusement ses congés bonifiés. Il nous met toujours au point des organisations « Picon/bière » : groupe homogène, parcours méticuleux (à plus ou moins 10%), hébergements *** Erwan trouve un point d’orgue à son entrainement estival, cet été Gourette, dans les Pyrénées, sur l’Aubisque, sa « gamelle » printanière lui a valu un nouveau cadre mais n’a pas changé sa position… Florence grignote avec gourmandise ses vacances par petits morceaux, le coup de pédale est énergique, la sacoche penche toujours sous la selle, on se demande si elle ne le fait pas fait exprès, pour qu’on reste derrière à surveiller (souvent, dans les bosses, on surveille de plus en plus loin…). Pour moi c’est la fin de saison, avant la course à pied.

A La Roche Guyon, dans plusieurs châteaux superposés, le quartier général de Rommel, début 1944, coordonne la défense des côtes françaises. La sortie du régime nazi y aurait été projetée ? Puis dans les boucle de la Seine* et la traversée du jardin de Monet à Giverny : des éclairs de dahlias à travers les clôtures et des parfums de nymphéas… Seul incident de route : les arrêts pipi sont plus dangereux depuis que les cantonniers élaguent les bas cotés à la broyeuse : une branche de murier m’a ébréché le nez ! Il restait à se barbouiller de mures et on ne savait plus d’où venait ce rouge…

*« Les boucles de la seine », de 1945 à 1973, une classique cycliste organisée par l’Huma Dimanche, (une fois l’an, on achetait l’Huma le lendemain des Boucles et Paris Turf la veille du prix d’Amérique), Je me souviens de l’arrivée au sprint dans l’ancien parc des Princes, au Printemps 1960 avec mon père, c’est là que Poulidor deuxième, déjà, a attrapé sa réputation d’éternel second…

La petite fille mutique qui tournait autour de nos vélos devant le château des Tourelles le samedi à Vernon/Vernonnet, pendant notre premier casse croute, montrait des dispositions, mais sa maman n’avait pas la tête à ça ! J’appréciais encore une fois d’avoir pu goûter au vélo très jeune…

Etape à Bourg Achard, au Sud de Rouen, 160 Kms, à l’aller (comme au retour). Le principe de l’étape symétrique : quand nous repassons sur une même partie du parcours, permet de séjourner deux fois consécutivement, ou à quelques jours d’intervalle, dans le même hôtel ! Au libre service plat-dessert : Florence distribue le flan que nous, les entrée-plat, avons du mal à manger sans être repéré Christian, la bouche pleine et le gâteau serré dans la main répondant au maitre d’hôtel : grandiose ! Les cyclos « vieille école » qui vidaient carrément les sucriers dans leurs poches apprécieront !

Dimanche, Le Havre par le pont de Brotonne, pont à haubans remarquable parce que le péage y a été supprimé ! Puis routes tranquilles ou pistes cyclable. Passage à Villequier connu par le drame de la famille Hugo en 1843 : Victor à la mémoire de Léopoldine, parmi les plus belles pages de notre poésie, applicable aux cyclos : « Demain dés l’aube, à l’heure ou blanchit la campagne, je partirai… ».

Longue traversée du Havre coté ville, super marché avant midi le dimanche ! Déjeuner conserve de poissons, sur les marches d’un hôtel particulier, très classe aussi les sandwichs de Florence. A la plage, les pieds dans l’eau, on ne risque pas de mettre du sable dans ses chaussures : que des galets ! Longue traversée, aussi, du Havre coté ports : plaisance, pêche, commerce, vrac, pétrole, ferries… 23 millions de tonnes de marchandises, 700 000 passagers dont 90 000 croisiéristes (on se sent moins seul à faire du tourisme !). 2ème port de France – 1er pour les containers.

15 Kms du Havre 2000 à Harfleur, jusqu’au milieu du pont de Normandie, entre les deux parties haubanées, accessibles aux vélos par temps calme, hauteur 60m, pente à 6% sur 1km en ligne droite, la plus belle bosse du parcours, au moins pour le coup d’œil ! Heureusement que mon vieux téléphone assurait les photos pour attester de notre passage ici et là, dans quelques lieux caractéristiques, à force de voyager léger il n’y en avait pas d’autre. Autrefois une photo de temps en temps valait contrôle sur les cartes de flèche, quand on passait pendant la nuit ou dans les sites isolés quand le dernier bistrot avait mis la clé sous la porte (à l’Hautil par exemple…).

La piste cyclable du pont de Normandie est sur la même chaussée que les voitures, en descendant vers les voies rapides c’est impressionnant et froufroutant ! Puis on se retrouve sur un morceau du Levallois/Honfleur de la semaine dernière, à l’envers. Passage prés de Corneville dont les cloches sonnent dans une opérette de 1877, presqu’aussi vieille que le vélo : « j’ai fait 3 fois le tour du monde et les dangers font mon bonheur », encore un cyclo !

Au bistrot de Pont Audemer le patron veut absolument que Florence soit à plaindre, s’il savait ? Sprint à la pancarte de Bourg Achard, Erwan, qui ne fait pratiquement plus d’erreur de parcours, est vigilant, même sans rétro : aucune chance ! Là c’est la foire à la Bourette, vide grenier le samedi, fête foraine le dimanche. Comme c’est relâche au restau de l’hôtel nous dinons en ville, échanges sympas avec les tables voisines, deuxième pichet de rouge « on n’est pas obligé de tout boire ! » paroles...

Lundi matin l’horaire du petit déjeuner a été avancé pour nous (vérification faite il y a des clients qui déjeunent à 6 :30, tous les jours, sauf le week-end !) et il faut débarrasser nos vélos de la salle réunion, il y a un séminaire ce matin. Heureux d’être aussi léger à la fraiche, Erwan s’aperçoit qu’il a oublié son sac à dos (son seul bagage !) à l’hôtel, pendant qu’il y retourne on se raconte des histoires de choses oubliées pendant nos randos et il y en a pas mal… C’est vrai qu’on a roulé, hier, toute une journée sans bagage ! Après Gaillon (sandwich par flemme, flans par gourmandise…), on est vite sur nos terres : dernier café à Meulan, on partage ce qu’il reste de la caisse, les comptes sont vite fait, un peu moins de 140 Euros chacun, pour les 3 jours, tout compris, même les pâtes de fruit !

L’envie de grimper l’Hautil, un des sommets (191m) de nos sorties habituelles vers le Vexin n’a pas été assez forte, mais Erwan et Christian ont voulu nous le faire croire en arrivant à Triel tout guillerets ! A Poissy Erwan vise St Germain, nous Maison Laffitte direct. C’est fini pour cette fois et ça donne déjà envie de recommencer : randonnée d’automne en autonomie quand tu nous tiens…

Pas de crevaison, même pas un coup de pompe, j’ai vérifié 7 Kg au départ, 6 à l’arrivée : RAS. Nos compteurs sont toujours un peu capricieux mais, en gros, ca fait 160 + 153 + 157 = 470 Kms, à 23,5 Km/h roulé. Nos organisateurs (vive la St Michel) sont déjà sur les routes du prochain jumelage…

Vivement le Printemps.
Amitiés
Bises
Roland Le 29 09 2012

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